Ceija Stojka expositions - lectures Marseille - Paris

spectacle

CEIJA STOJKA , une artiste rom dans le sècle

LANICOLACHEUR et LA MAISON ROUGE
présentent la première exposition monographique de
CEIJA STOJKA (1933-2013).

A la Friche La Belle de mai–Marseille
Galerie de la Salle des Machines
du 11 mars au 16 avril 2017

Vernissage le vendredi 10 mars 2017 de 18h à 22h
ouverture du mercredi au samedi de 11h à 19h ,
le dimanche de 12h30 à 19h
(entrée libre)

A la maison rouge-Paris
du 23 février au 20 mai 2018
Vernissage le jeudi 22 février 2018

Lecture théâtrale
Je rêve que je vis ? libérée de Bergen Belsen

de Ceija Stojka (voir plus bas)
Vendredi 31 mars 2017 à 18h45
Samedi 1er avril 2017 à 19h
, suivie de la projection de Ceija Stojka, portrait d’une romni film de Karine Berger
Friche la Belle de Mai / Studio de Marseille objectif Danse

Ceija Stojka est née en Autriche en 1933, cinquième d’une fratrie de six enfants dans une famille de marchands de chevaux rom d’Europe Centrale, issue des Lovara.
Déportée à l’âge de dix ans avec sa mère Sidonie et d’autres membres de sa famille, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen.

C’est seulement quarante ans plus tard, en 1988, à l’âge de cinquante-cinq ans, qu’elle ressent le besoin et la nécessité d’en parler ; elle se lance dans un fantastique travail de mémoire et, bien que considérée comme analphabète, écrit plusieurs ouvrages poignants, dans un style poétique et très personnel, qui font d’elle la première femme rom rescapée des camps de la mort, à témoigner de son expérience concentrationnaire, contre l’oubli et le déni, contre le racisme ambiant.

Son témoignage ne s’arrête pas aux textes qu’elle publie (4 livres au total entre 1988 et 2005), et qui très vite lui attribuent un rôle de militante, activiste pro-rom dans la société autrichienne. A partir des années 1990, elle se met à peindre et à dessiner, alors qu’elle est dans ce domaine également, totalement autodidacte. Elle s’y consacre dès lors corps et âme, jusqu’à peu de temps avant sa disparition en 2013.

Son œuvre peinte ou dessinée, réalisée en une vingtaine d’années, sur papier, carton fin ou toile, compte plus d’un millier de pièces. Ceija peignait tous les jours, dans son appartement de la Kaiserstrasse à Vienne.
On note deux axes dans son travail pictural :
La représentation, sans omettre les détails, des années terribles de guerre et de captivité endurées par sa famille, par son peuple. Près de cinq cent mille Roms ont été assassinés sous le régime nazi (le nombre exact de victimes n’a jamais été déterminé jusqu’à aujourd’hui).
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En parallèle elle peint des paysages colorés idylliques, évocations des années d’avant-guerre, quand la famille Stojka, avec d’autres Roms, vivait heureuse et libre en roulotte dans la campagne autrichienne.

L’exposition réunit soixante-quinze œuvres. Celles-ci ont été réalisées sans ordre chronologique entre 1988 et 2012. Elles permettent cependant de retracer l’histoire de sa vie.
Le parcours de l’exposition est donc à la fois thématique et chronologique.
Les thèmes et les époques retenus sont :
- Vienne, la traque, la déportation : il s’agit de représentations de sa famille cachée à Vienne, avant d’être raflée avec une alternance de dessins à l’encre, de fusains et quelques tableaux.
- Les camps : cœur de l’œuvre et cœur de l’exposition, Ceija a réalisé plus de 200 œuvres de cette période (1943-1945), elle y travaillait encore peu de temps avant sa mort.
Visions de cauchemar : récurrence des barbelés, des cadavres, de la fumée, des SS, du vent, de la neige, des corbeaux. Dans son dialecte malhabile autrichien, elle écrit souvent directement sur la feuille ses sentiments d’enfant mêlés aux ordres des gardiens, ses courts dialogues avec sa mère et de plus longs textes au dos des dessins. La graphie prend une place très particulière, puisqu’elle devient un motif en soi qui occupe la page et à la fois, apporte des éléments de compréhension des situations extrêmes.
- Le retour à la vie : elle laisse libre cours à son goût de la couleur, de la vie au grand air et de la singularité rom ; les fonds sont travaillés à la main, ou avec un pinceau chargé de matière.

C’est grâce à la réalisatrice et documentariste autrichienne Karin Berger que Ceija Stojka a pu témoigner de son histoire, à travers ses livres qu’elle a aidé à publier et par les deux films qu’elle lui a consacrés.
Plus récemment, le critique d’art allemand Matthias Reichelt a réalisé une grande exposition de son travail et publié un catalogue axé sur ses peintures des camps. L’exposition a été présentée trois fois en Allemagne entre 2013 et 2014.
En France, c’est la compagnie théâtrale Lanicolacheur qui, alors qu’elle travaille sur la culture rom, découvre l’œuvre de Ceija Stojka. Elle décide de faire traduire et publier, Je rêve que je vis- libérée de Bergen-Belsen pour en donner des lectures publiques, puis de faire une exposition de ses œuvres plastiques. La maison rouge s’est associée à Lanicolacheur pour réaliser l’exposition à la Friche Belle de Mai-Marseille en 2017 et en 2018 à Paris, dans ses locaux du boulevard de la Bastille.

L’œuvre de Ceija Stojka est en grande partie détenue par sa famille et le musée de Vienne possède treize œuvres, beaucoup sont dispersées auprès de collectionneurs privés, amis et défenseurs de la cause rom, mais l’exposition restitue fidèlement l’esprit de l’artiste, son originalité, sa force de vie.
L’exposition présente également des archives, photographies et carnets.


LECTURE THEATRALE DE
JE REVE QUE JE VIS LIBEREE DE BERGEN BELSEN

de Ceija Stojka

Mise en scène Xavier Marchand
Traduction de l’allemand au français Sabine Macher
Création vidéo Thomas Fourneau
Avec Camille Grandville
Représentations
Vendredi 31 mars 2017 à 18h45

Samedi 1er avril 2017 à 19h, suivie de la projection de Ceija Stojka, portrait d’une romni film de Karine Berger
Friche la Belle de Mai / Studio de Marseille objectif Danse
Réservations 04 95 04 95 95 (du mardi au samedi de 11h à 19h)
[www.lafriche.org-> ]
Durée de la lecture 1h 15, durée du film 84’

« Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen Belsen »
Editions Isabelle Sauvage mars 2016.
© L’Arche Editeur. L’Arche est agent théâtral du texte représenté. www.arche-editeur.com

Production des lectures et de la projection
Lanicolacheur avec le soutien du Forum Culturel Autrichien - Paris, et du Goethe Institut Marseille

« J’ai découvert les oeuvres picturales de Ceija Stojka dans le cadre des recherches que j’ai menées sur la littérature rom. La force de ses peintures, les émotions qui s’en dégagent, m’ont donné envie de lire ses livres. Le fait même qu’elle écrive en allemand, dans le pays qui a donné naissance à Jörg Haider et Adolf Hitler, est en soi une victoire symbolique. Avec l’écrivaine de langue allemande Sabine Macher, nous avons entrepris la traduction d’un de ses livres : Träume ich, dass ich lebe ? ( Je rêve que je vis ? Ma vie à Bergen Belsen ).

Parmi la vaste littérature consacrée aux camps sous le régime nazi, on connait peu le sort réservé aux tziganes européens dont un demi million ne sont pas revenus. Je rêve que je vis ?
Ma vie à Bergen Belsen est à ce titre un document exceptionnel. .
Ceija Stojka raconte les quatre mois passés dans cet enfer, les conditions abominables auxquelles elle et sa famille sont confrontées.

La singularité de ce récit vient du regard d’enfant que Ceija porte sur ces conditions d’existence, sur la farouche détermination de sa mère à faire survivre les siens.

Elle adopte le langage de la jeune fille qu’elle était lorsqu’ il fallait échapper aux rafles à Vienne, à la brutalité des gardiens du camp, et à leur mise à l’écart à leur retour.

Camille Grandville lit ce texte de Ceija Stojka , sur fond des dessins de cette forte personnalité Rom, qui écrivait, dessinait et peignait afin qu’on oublie pas que ces drames ont bien existés et sont suceptibles de se reproduire.”
Xavier Marchand

Création de 2016
Lors de la BIENNALE DES ECRITURES DU REEL#3

Précédente représentation
mercredi 18 janvier 2017 à 20h
Musée d’Art et d’histoire du Judaïsme, rue du Temple 75003 Paris


Ceija Stojka, Auschwitz, 1944, 18.05.2009, acrylique et peinture argentée sur toile, 60 x 60 cm Courtesy collection Antoine de Galbert, Paris


Production des expositions
Lanicolacheur-Marseille// La maison rouge-Paris
Avec le soutien de Friche la Belle de Mai et du Forum Culturel Autrichien-Paris
avec la participation de Goethe Institut- antenne de Marseille, Le dernier cri - Marseille,
Latcho Divano - Marseille, Carina Curta - Marseille-Vienne, marseille objectif DansE
Remerciements à Hodja et Nuna Stojka, à Andréa et Bernhard Hummer- Vienne,
à Céline Jarousseau.

Lanicolacheur reçoit l’aide
du Ministère de la culture et de la communication - Drac Paca,
de la Région Provence Alpes Côte d’Azur,
du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône et de la Ville de Marseille