Rroms-Rromani / Volet 1

spectacle

Avec : Raymond Boni, Myriam Sokoloff, Iorga Ghiorghita, Patrick Williams et Xavier Marchand

Textes de Jan Yoors, Papusza, Karoly Bari, Patrick Williams, Rajko Djuric...

Coproduction : Théâtre de la Cité, Lanicolacheur

Diffusion :
Le 25 mars 2012 dans le cadre de la Biennale des écritures du Réel#1

Le samedi 14 juillet de 10h à 12h. Antenne régionale de Vaucluse / Hôtel , dans le cadre des Rencontres Professionnelles organisées par la région Provence Alpes Côte d’Azur

Quand on m’a demandé de travailler sur les Rroms, je ne m’attendais pas à me trouver devant un tel champ polémique, historique, linguistique, anthropologique et politique.
Ma méconnaissance au sujet des tsiganes était à peu près celle de la plupart des gens, hormis quelques images d’Epinal véhiculées par la littérature (les figures de bohémiennes et de romanichels) , par la musique (Carmen toujours au hit-parade des opéras, le flamenco et Django Reinhardt), ou l’image de la gitane, dans les volutes de fumée de notre fameux paquet de tabac brun.
Au cours des siècles, les sociétés qu’ont côtoyées les tsiganes, nomades ou sédentaires, ont souvent cherché à s’en débarrasser par ghettoïsation, expulsion, déportation et extermination.
Certains d’entre eux, les roms, européens arrivant d’Europe de l’Est, sont aujourd’hui présents dans notre espace public ; on les voit dans les centre ville, où ceux qui ne travaillent pas (ils n’y ont légalement pas le droit) exercent des activités de recycleurs de nos poubelles ou de mendiants.
On estime la population rrom de Marseille à moins de 2 000 personnes, vivant dans des conditions déplorables et dérangeantes. Pourtant la stigmatisation est réelle, la médiatisation circonstancielle, et les méthodes employées pour les « déloger » rappellent des heures sombres. La France est d’ailleurs condamnée par le Conseil de l’Europe pour ces pratiques.

Face à ces images négatives, et ces situations dont la réalité est peu reluisante et problématique, qu’est-ce qu’on découvre, dans les livres et à les rencontrer.
Les tsiganes n’écrivent pas ou peu ; leur mode de transmission est encore essentiellement orale. Les premières productions littéraires datent , à quelques exceptions près, des années 50 : récits autobiographiques, poésie, formes romanesques.
Cette littérature est apatride ; les auteurs écrivent dans la langue du pays où ils vivent. Les écrits en rromani, langue complexe aux 72 dialectes, sont rares. Alors comment définir une littérature tsigane , un art pictural ou musical tsigane , puisque même peu connus et reconnus néanmoins ils existent.

La tradition reste très forte et soude les communautés, certaines croyances perdurent ; il semble que certains groupes soient imperméables à une certaine forme de modernité.
S’il est impossible d’établir des généralités sur le mode comportemental des groupes tsiganes, pourtant quelque chose, une culture, une façon de vivre et de penser, fait qu’ils sont tsiganes, se reconnaissent entre eux et revendiquent cette identité.
Qu’est-ce qui fascine tant dans ce peuple, dans ses manières d’être, dans son rapport à l’existence, pour que des chercheurs, ethnologues, sociologues, linguistes y consacrent de larges études.
Bien des questions sont posées et débattues et pour moi celle-ci : comment engager un geste artistique avec des membres d’une communauté si éloignée de nos considérations, en quoi cela peut-il faire évoluer la situation des Rroms et avant tout la vision qu’on a d’eux.
C’est ce questionnement et l’histoire de ces premières rencontres, littéraires et réelles, que nous avons présenté en mars dernier dans le cadre de la Biennale des Ecritures du Réel initiée par le théâtre de La Cité
A la demande du Conseil Régional, j’ai proposé à Raymond Boni(guitariste), Guitza (trompettiste) , Myriam Sokoloff , (comédienne) et Terka de m’accompagner dans ce second volet.

Xavier Marchand