Une vie débutante

spectacle

Texte de Pascal Omhovère

Mise en scène : Xavier Marchand

Avec : Pascal Omhovère et Julie Maret

Lumière : Marie Vincent / Scénographie : Julie Maret / Photographies : Fabrice Duhamel

Création : Théâtre de la Minoterie - Mai 2010

Tout part d’un match de football auquel un jeune homme de treize ans assiste en 1974, ou 1975 peut-être, en compagnie de son camarade Thierry Jehl. Cinq lustres ont passé. Le jeune homme, qui a singulièrement vieilli, retraverse ce Metz-St Etienne des années soixante-dix, et revoit vibrer le stade Saint-Symphorien, haut lieu de purgation des passions. Précisément juché dans les populaires, il s’interroge sur ce saint méconnu qui a donné son nom au stade, et tente de déchiffrer la sainteté à la fois cachée et partout présente, dans le langage, sur la pelouse et dans nos vies… Ses réflexions lui font revivre un autre match où il n’était pas spectateur, mais joueur : match catastrophe, événement marquant de sa vie débutante…

Cependant le théâtre lui ouvrira ce jour-là ses bras féminins. Il remonte à la source de cet amour du théâtre.

A l’adolescence, période de la vie où les choix s’imposent, trois pôles particulièrement l’auront magnétisé : le football, la religion et le théâtre. Aujourd’hui, il les relie, débat avec lui-même et sa solitude. Se projetant dans des tableaux d’Antonello da Messina, d’Ingres et du Pontormo, il réinvente sa propre épopée et celle du FC Metz.

Extrait d’Une vie débutante

Pour entrer dans le stade, la méthode la plus classique, qu’on ait ou non la tchatche, c’est de tricher sur les âges. Et il convient sans doute de le faire toute sa vie de toute façon ; d’être toute la vie ainsi comme ça dans de fausses connaissances et confidences sur nos âges ; par honnêteté devant l’éternité de ces espaces infinis ; par honnêteté et par courage. Mais payer, ça non ! Et d’abord avec quoi ? L’argent ne compte pas. N’y songeons pas. Ca n’existe pas. Allez, on se rajeunit, il faut tenter de toute façon. Il faut faire entrer le tout pour le tout dans un stade. Il y a autant de digressions possibles que de mirabelles sur une tarte tiède. C’était plus facile qu’on l’aurait cru, on a surtout évité le grommellement de l’échec, la plaie, la rancœur, la contention. On a franchi un feu, une eau, et le stade s’ouvre à nos yeux. La nature offre son paradis circulaire, ovale et réfléchi : le stade qu’un stade entier contemple ; comme si on installait un stade en pleine campagne et que 18000 personnes venaient s’y regrouper pour regarder l’herbe. Se ressourcer. 9000 ; 7800 ; 17000 vies…
« Allez messins ! Allez messins ! Allez messins ! Allez messins ! »…